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Le cabinet de l’herboriste : les cinq secrets (jeu d’énigmes botanique)
Un légume oublié, des fruits aux formes surprenantes, une fleur qui cache un bouquet… Entrez dans le cabinet de l’herboriste et menez l’enquête en cinq étapes. Devinettes, indices et détails à observer vous invitent à découvrir la beauté des planches anciennes originales et les savoirs conservés dans leurs illustrations, leurs légendes et leurs versos.
Menez l’enquête et découvrez les cinq secrets dans les planches anciennes de La Planche Originale. Un jeu d’énigmes pour tous , une enquête botanique de 15 à 20 minutes.
Le cabinet est ouvert. Sur la table, les couleurs des fruits voisinent avec les tiges fines, les fleurs serrées et les grands chapeaux des champignons. Certaines feuilles montrent un jardin entier ; d’autres, une coupe minuscule ou des colonnes de noms.
Pour cette visite imaginaire, un herboriste collectionneur vous a laissé son carnet :
« On peut parcourir mes feuilles en quelques secondes. Mais il suffit de s’arrêter devant un détail pour voir commencer une autre histoire. J’ai laissé quatre dossiers ouverts. Le cinquième restera replié un peu plus longtemps : il vous demandera de déplacer une ancienne certitude. Commencez par le potager. Le premier indice a des yeux. »
Cherchez librement. Vous pouvez ouvrir un indice, essayer une réponse, puis révéler l’explication. Les photographies représentent de véritables documents de la collection.
Votre carnet de visite
1. Le souper aux noms effacés
Ouvrir le dossier du potager
Sous une planche de légumes de 1923, un menu a perdu ses noms. Il reste deux devinettes. Commencez par parcourir la page : les longues racines, les feuilles serrées et les fruits renflés composent un potager à eux seuls.

La première devinette
« Sous terre je demeure, et pourtant je ne suis pas une racine. Mes yeux peuvent s’éveiller. Qui suis-je ? »
Choisissez une réponse pour ouvrir sa piste.
Un premier indice
Cherchez de petits creux à la surface, différents du départ d’un bouquet de feuilles.
Un coup de pouce supplémentaire
Regardez les trois dessins nommés Pomme de terre, en haut à gauche.
A. Carotte
La carotte montrée porte un bouquet de feuilles à son sommet. Le petit creux capable de bourgeonner est ici celui d’un autre légume.
B. Pomme de terre
Les yeux de la pomme de terre sont des bourgeons. Le tubercule provient d’une tige souterraine.
Revenez aux couleurs du dessin : jaune pâle, roux, violet. Sous un nom familier, la planche fait apparaître plusieurs silhouettes.
C. Navet
Le navet montre son feuillage et sa partie renflée. Revenez aux formes rondes ou allongées situées tout en haut à gauche.
D. Panais
Le panais est dessiné avec une silhouette de racine effilée. L’indice des yeux invite à chercher ailleurs.
Révéler l’explication
La pomme de terre. Ses yeux sont des bourgeons. Ce que nous mangeons est un tubercule formé par une tige souterraine : être sous terre ne signifie donc pas être une racine.
L’invité de l’autre face
La seconde ligne du menu est plus étrange. Elle conduit à un nom que vous ne croisez peut-être pas souvent sur l’étal d’un marché.
« Je suis un chou que l’on peut servir comme des asperges. Pour obtenir certaines de mes jeunes pousses pâles et tendres, le jardinier me prive de lumière. Trouvez mon nom sur l’autre face. »
Retourner la planche

Vos pistes : asperge, endive, crambé ou cardon ?
Un premier indice
La note vise les jeunes pousses d’une plante, pas un gros légume-racine.
Un coup de pouce supplémentaire
Sur le verso, cherchez à gauche du centre, entre le cardon et la poirée.
Ouvrir la réponse du carnet

Le crambé. Le dessin porte ce nom, au-dessus de jeunes pousses dressées. Le crambé maritime, ou chou marin, est cultivé notamment pour ces pousses, que l’on peut faire blanchir en les soustrayant à la lumière.
« Blanchir » désigne ici une pratique de culture, avant la récolte. Cette précision permet de relire la devinette.
Le menu a retrouvé ses deux noms. Il a aussi révélé deux choses qu’une assiette pourrait cacher : ce que nous mangeons peut être une tige souterraine ou une jeune pousse.
« Pour le panier suivant, méfiez-vous d’une autre habitude : choisir avec les yeux. »
2. Le panier du collectionneur
Ouvrir le dossier des fruits
Le panier du collectionneur ne contient pas seulement des fruits familiers. Sur cette planche de 1922, des grappes sombres côtoient des fruits dorés, des écorces rugueuses et de petites formes rose pâle.
Déplier la planche de fruits

Les deux étiquettes du panier
Étiquette 1 : « Petites cloches pâles réunies en bouquet, avec une étoile à leur extrémité. »
Laquelle de ces quatre vignettes correspond à l’étiquette ? Regardez les formes avant de chercher un nom.
A

B

C

D

Un premier indice
Cherchez du crème et du rose, près de la grenade sur la planche entière.
A. Vignette A
Cette vignette montre une anone à surface compartimentée. La devinette cherche plusieurs petits fruits réunis.
B. Vignette B
Les figues de Barbarie sont placées sur leur support vert. Comparez leur extrémité à celle des petits fruits pâles.
C. Vignette C
Le groupe rose pâle et crème est légendé Jambosa sur la planche.
Le nom imprimé sur la planche est Jambosa. Ses petits creux et ses nuances suffisent à donner du volume à ces fruits minuscules.
D. Vignette D
Les goyaves choisies pour ce détail sont arrondies. Cherchez plutôt le petit bouquet d’extrémités étoilées.
Étiquette 2 : « Un long étui brun, aplati, bordé d’une ligne qui suit sa courbure. »
Retrouvez maintenant le dessin sur la planche entière. Dattes, caroubes, noix d’Amérique ou figues de Barbarie ?
Un premier indice
Regardez contre le bord droit, au-dessus de la noix de coco.
Retrouver la seconde étiquette

Les caroubes. Ces fruits du caroubier sont des gousses. Observez les deux bruns du dessin et la ligne qui souligne leur bord. À côté des fruits arrondis, ces longs contours changent le rythme de la composition.
Une poire pour les yeux
Deux noms sont retrouvés. Une troisième étiquette soulève une autre question :
« Pour étonner mes visiteurs, choisissez une poire que ce livre admire davantage pour l’ornement que pour la saveur. »
Les poires peintes sont longues ou presque rondes, vertes, rousses, jaunes, parfois rougies. Leur apparence ne suffit pas à résoudre cette demande. Il faut lire l’autre face.
Retourner la planche et chercher dans « Poirier »

Un premier indice
La rubrique Poirier se trouve dans la colonne de droite du verso.
Un coup de pouce supplémentaire
Dans cette rubrique, lisez sous Passe-Crassane.
Votre choix : Conférence, Passe-Crassane, Belle Angevine ou Duchesse d’Angoulême ?
Lire la preuve et révéler le nom

La Belle Angevine. Le document porte cette appréciation : « beau fruit d’ornement, mais sans saveur ».
Cette phrase est un jugement du document de 1922. La Belle Angevine n’est pas nommée parmi les poires peintes du recto : sa présence se découvre dans le texte.
Votre panier réunit maintenant des formes, des couleurs et une remarque de lecteur. L’image a attiré le regard ; le verso lui a donné une nouvelle direction.
Un détour parmi les noms
Soldat Laboureur, Souvenir du Congrès, Merveille de Bollwiller… Choisissez un nom qui vous intrigue et retrouvez-le dans le tableau. Toute une collection de noms se cache derrière la collection de fruits.
« Dans mon dossier suivant, cherchez ce qui ne se voit pas d’un seul regard : une multitude de fleurs, un parfum, puis une partie cachée sous terre. »
3. Les trois secrets de l’herboriste
Ouvrir le dossier des plantes médicinales
Voici les trois secrets de l’herboriste. La planche de 1924 montre les plantes entières et leurs détails. Les compositions de Millot de 1932 les réunissent dans de grands bouquets encyclopédiques.
Les usages évoqués ici appartiennent à la documentation des plantes médicinales ; ils ne constituent pas des conseils de soin.
Une fleur qui cache un bouquet
« Ma première ressemble à une fleur, mais cache un bouquet. »
Sur la planche de 1924, cherchez la matricaire, en haut à gauche. Son cœur jaune et sa couronne blanche semblent familiers. Pourquoi l’illustrateur les a-t-il accompagnés de plusieurs dessins isolés ?
Ouvrir la planche de 1924

Regarder la circonférence

La légende nomme une « fleur de la circonférence ».
Regarder le centre

La légende nomme une « fleur du centre très grossie ».
Regarder la coupe

Que montrent ces dessins : une fleur unique découpée, plusieurs petites fleurs réunies, des graines en formation ou les fleurs de plusieurs espèces ?
A. Une fleur unique découpée
La coupe est un indice, mais les dessins isolés sont eux-mêmes légendés comme des fleurs.
B. Plusieurs petites fleurs réunies
La tête de la matricaire est un capitule composé de nombreuses petites fleurs.
La tête de la matricaire, ou camomille allemande, est un capitule. Il réunit de petites fleurs blanches en languette autour de petites fleurs jaunes tubulaires. La coupe permet de comprendre cet assemblage.
Les capitules de matricaire sont associés à des usages médicinaux traditionnels, notamment pour certains inconforts digestifs légers. Quelques dessins précis rendent visible ce que notre œil distinguerait difficilement sur la plante entière.
C. Des graines en formation
Lisez les deux mots fleur imprimés près des détails agrandis.
D. Des fleurs de plusieurs espèces
Les dessins isolés appartiennent ici à la matricaire, dont le nom accompagne les détails.
Le citron sans citronnier
« Ma deuxième évoque le citron, mais ne porte pas de citrons. »
Son feuillage est assez large, denté, disposé par paires le long de la tige. Vous pouvez la retrouver dans deux des documents du cabinet.
Regarder la seconde composition de Millot

Un premier indice
Sur cette composition, cherchez les feuilles du numéro 14.
Un coup de pouce supplémentaire
Retrouvez ensuite le même nom sur la planche de 1924, entre la camomille romaine et la sauge.
Vos pistes : menthe poivrée, mélisse, romarin ou lavande ?
Comparer les deux portraits et ouvrir la réponse
1924

1932

La mélisse. Son parfum citronné vient de son feuillage. Ses feuilles sont traditionnellement associées au soulagement de tensions légères, à l’aide au sommeil et à certains inconforts digestifs légers.
L’image ne transmet pas l’odeur. Elle donne autre chose : la disposition des feuilles, leurs nervures, leurs contours et les petites fleurs placées contre la tige. Les deux portraits nous invitent à comparer.
La douceur cachée sous terre
« Ma troisième porte un nom de douceur. Ses fleurs se laissent admirer, mais une partie de son histoire se cherche aussi sous terre. »
Revenir à la première composition de Millot

Cherchez les fleurs rose très pâle, en haut à gauche. Retrouvez leur numéro, puis leur nom : bourrache, guimauve, digitale ou valériane ?
Un premier indice
Le nom de la plante évoque une douceur familière.
Un coup de pouce supplémentaire
Sur la première composition de 1932, consultez le numéro 48.
Révéler la plante et poursuivre sous terre

La guimauve officinale. Sa racine est notamment associée, dans les usages médicinaux traditionnels, à un effet adoucissant pour les irritations de la gorge.
Mais la racine n’est pas représentée sur ce dessin. Pour poursuivre l’enquête, ouvrez le tableau conservé au verso de la seconde planche.
Le tableau garde-t-il le même secret ?
Ouvrir le tableau et retrouver « Guimauve »

Dans la ligne Guimauve, quelles parties le document cite-t-il ? Composez votre réponse : feuilles · fleurs · racine · graines · fruits. Plusieurs éléments peuvent convenir.
Un premier indice
La réponse vient exclusivement de la ligne Guimauve et de la colonne Parties utilisées. Ne passez pas à la ligne voisine.
Comparer ma sélection au document


Feuilles, fleurs et racine. Voilà la transcription des parties citées. Si vous n’aviez choisi que la racine, relisez toute la cellule : le tableau élargit l’histoire de la plante.
Une coupe a décomposé une fleur, deux illustrations ont guidé la recherche d’une feuille parfumée, puis une ligne de tableau a montré plusieurs parties employées. La beauté des compositions et la précision des détails se complètent.
« Mon quatrième dossier vous demandera de regarder le temps : plusieurs silhouettes peuvent raconter la vie d’un même être. Après cela, vous pourrez déplier ma dernière feuille. »
4. Les métamorphoses du chapeau
Ouvrir le dossier des champignons
Une grande lépiote domine la composition de 1929. Autour d’elle, d’autres formes semblent lui répondre : un chapeau encore compact, un autre déjà allongé, puis le grand disque ouvert.
Déplier la planche de champignons

« Remettez le temps dans l’image. Regardez ce qui s’ouvre avant de regarder ce qui est grand. »
Ces trois détails proviennent du même groupe. Dans quel ordre les placeriez-vous ? Les cadrages sont différents : comparez l’ouverture du chapeau, sans vous fier à la taille des vignettes.
A

B

C

Un premier indice
Les trois détails proviennent du groupe numéroté 8.
Un coup de pouce supplémentaire
Commencez par le chapeau le plus compact. Le plus largement déployé vient à la fin.
J’essaie A → B → C
Regardez l’ouverture du chapeau plutôt que la hauteur apparente du dessin. Quel détail correspond à la forme la plus compacte ?
J’essaie B → C → A
B, puis C, puis A. Le groupe représente la lépiote élevée, également appelée coulemelle dans la légende, à différents stades de développement.
Les motifs du pied, les écailles et l’anneau accompagnent cette transformation. Millot raconte plusieurs moments sur une seule feuille.
J’essaie C → A → B
La silhouette au chapeau le plus compact appartient au début de la suite. Observez ce qui se déploie progressivement.
Voir le groupe entier et comparer avec 1924


Retrouvez le même nom dans le document de 1924. Comparez la place occupée dans la page et la manière dont les stades sont disposés. Deux documents peuvent inviter à des lectures différentes d’un même sujet.
Voir aussi la planche de 1924 entière

Les mentions anciennes de comestibilité ne doivent pas servir à décider d’une cueillette ou d’une consommation.
Vous avez suivi les formes, les noms, les usages et les transformations. Le dernier document peut maintenant être déplié.
5. Le feuillet replié
Ouvrir le dernier feuillet
La dernière feuille est presque entièrement couverte de mots. Pourtant, ses premières figures vous sont devenues familières : un champignon à chapeau, des formes ramifiées, une fougère…
« Vous avez retrouvé ce que l’on mange, ce que l’on admire et ce que l’on employait pour soulager. Ces usages ont rapproché mes feuilles sur une étagère. Mais un classement scientifique pose une autre question : quels êtres rapproche-t-on, et pour quelles raisons ? Lisez maintenant le titre de mon ancien tableau. »
Déplier le dernier document

Regarder les premières figures

Ouvrez le Tableau I. Son titre annonce les « Principales divisions du règne végétal ». Cherchez la figure 4, puis la ligne Champignons.
La dernière énigme
Parmi les quatre dossiers parcourus, lequel contient un groupe que l’on distingue aujourd’hui du règne des plantes ? Les légumes, les fruits, les plantes médicinales ou les champignons ?
Un premier indice
C’est le dossier dont les silhouettes changeaient au fil du temps.
Un coup de pouce supplémentaire
Le tableau ancien range explicitement les Champignons dans les divisions du règne végétal. Les connaissances actuelles leur donnent un règne distinct.
Ouvrir la dernière réponse


Les champignons. Les champignons au sens strict constituent aujourd’hui le règne des Fungi. Le tableau de 1922 témoigne d’une autre manière d’organiser les connaissances.
Notre question portait sur les quatre dossiers de cette visite. Le tableau ancien contient aussi d’autres groupes dont la place a changé : il raconte l’histoire des classifications, plutôt que leur état actuel.
« Je vous ai montré des dessins ; vous y avez trouvé des questions. Une tige se cachait sous terre, une poire se cherchait dans une phrase, une fleur s’est ouverte sur un monde minuscule. Puis mes feuilles vous ont conduits jusqu’aux limites de leurs anciennes catégories. C’est pour ces découvertes que j’ai réuni mon cabinet. Gardez une place pour le prochain détail. »
La visite s’achève. Les documents originaux reprennent place ensemble. Lequel aimeriez-vous regarder encore ?
Regardez les planches originales chez vous
Vous venez de parcourir des documents originaux des années 1920 et 1930. Leurs illustrations, leurs légendes et leurs versos conservent une manière de regarder et d’expliquer le vivant. Leur ancienneté leur donne un charme particulier.
Retrouvez les photographies entières et les détails des planches de cette visite :